DISCOURS DE NICOLAS SARKOZY A TBILISSI
« Quand je suis à Tbilissi, je me sens en Europe ! »
Le président de la République Nicolas Sarkozy s’est exprimé sur la place de la Liberté, à Tbilissi cet après midi, devant une foule venue « exprimer son amour pour la liberté, l’Europe, et la France, » selon les mots du président Mikhaïl Saakachvili. Ce discours s’inscrivait dans le cadre de la première visite en Géorgie d’un chef d’Etat occidental depuis la guerre de 2008.
La Géorgie est Européenne
Nicolas Sarkozy a affirmé dans son élocution la place de la Géorgie en Europe et la légitimité de ses aspirations à se rapprocher de l’Union européenne.
La Géorgie « doit être libre d’exprimer son aspiration à se rapprocher de l’Union européenne, et un jour à la rejoindre. Cette aspiration est d’abord une chance pour la Géorgie, car elle est un catalyseur de toutes les réformes entreprises depuis huit ans pour consolider sa jeune démocratie et transformer en profondeur son économie. »
Le président a salué les succès de la Géorgie dans la conduite de ces réformes, qui en font aujourd’hui un exemple régional, régulièrement salué par des institutions internationales, notamment la Banque Mondiale, ou la BERD plus récemment.
Nicolas Sarkozy a ainsi affirmé le caractère européen de la Géorgie. « [La Géorgie] l’est par sa culture, par ses choix de développement et surtout par ses valeurs. Ce rapprochement continu avec l’Union européenne dépend d’abord de vos réformes et de l’approfondissement de votre démocratie. Pour ce qui me concerne, quand je suis à Tbilissi, je me sens en Europe ! »
La Géorgie a sa place avec l’OTAN
Le président a par ailleurs encouragé la Géorgie dans sa volonté de rejoindre l’OTAN et de se défaire d’une logique de sphère d’influence héritée de la guerre froide, réaffirmant la déclaration finale du Sommet de 2008 à Bucarest, qui assurait que la Géorgie « deviendra un membre de l’OTAN. »
« … chacun doit admettre que l’Union soviétique n’existe plus, et qu’une politique de sphères d’influence n’a pas vocation à lui succéder. Tout le monde doit accepter que la Géorgie, comme tout autre pays, a le droit de définir sa voie et de choisir librement ses amis et ses alliances. Elle doit être libre d’exprimer son aspiration à rejoindre l’OTAN, si son peuple le souhaite. »
Appui à la souveraineté de la Géorgie
Le président de la République a réaffirmé dans son discours le soutien français à la souveraineté géorgienne et à son intégrité territoriale.
La paix sans recours à la force
« Je veux réaffirmer ici, solennellement, l’attachement de la France et de l’Europe à la souveraineté de la Géorgie, à l’indépendance de la Géorgie, et à l’intégrité territoriale de la Géorgie. »
Le président a salué l’engagement de la Géorgie de ne pas recourir à la force, pris par le président Saakachvili devant le parlement européen le 23 novembre 2010. A l’occasion d’un discours, le président de la Géorgie avait pris « l’initiative unilatérale de déclarer que la Géorgie [n’userait] jamais de la force pour rétablir son intégrité territoriale et sa souveraineté, qu’elle [n’aurait] recours qu’à des moyens pacifiques dans sa quête pour la désoccupation et la réunification. » Nicolas Sarkozy a estimé que la « Géorgie a montré la voie » et enjoint la Russie de prendre un engagement similaire :
« Cet engagement, les autres signataires des accords du 12 août et du 8 septembre 2008 doivent le prendre à leur tour. »
Appel au respect plein et entier par la Russie des accords de cessez-le-feu
Nicolas Sarkozy a réaffirmé la nécessité pour la Russie de se conformer aux accords de cessez-le-feu conclus sous son égide le 12 août 2008. Le président de la République a fustigé la militarisation russe des territoires géorgiens occupés d’Abkhazie et d’Ossétie du sud. En effet, loin de retirer ses troupes au delà des positions ante bellum, la Russie a depuis la guerre renforcé sa présence militaire dans ces régions géorgiennes.
« Contre toute logique stratégique, et à rebours des engagements pris, d’importantes forces militaires restent stationnées et ont été renforcées à vos portes, de l’autre côté des lignes de séparation. »
Il a rappelé que la Russie refusait d’accorder l’accès aux territoires occupés aux observateurs internationaux présents sur le terrain.
« Les observateurs européens doivent pouvoir se rendre en Abkhazie et en Ossétie du sud, pour s’assurer que les droits des populations y sont respectés. »
Nettoyage ethnique : Nicolas Sarkozy appelle au droit au retour
Nicolas Sarkozy a également appelé de ses vœux le respect plein et entier du droit au retour pour les 400 000 personnes déplacées internes vivant en Géorgie aujourd’hui. Ces 400 000 personnes ont été forcées de quitter leur foyer au cours de deux campagnes de nettoyage ethnique perpétrées, à l’encontre des populations de souche géorgienne, par la Russie et des milices abkhazes et sud ossètes, au début des années 1990 puis à nouveau en 2008. Ce nettoyage ethnique a été reconnu dès le début des années 1990 par les institutions internationales et les organisations internationales non gouvernementales.
« Des milliers de familles ont été séparées, qui sont depuis lors empêchées de se retrouver, de se parler et de s’embrasser, par l’érection d’un mur invisible au sein d’une même nation. »
« Le droit des déplacés à regagner leurs foyers et à retrouver leur terre doit être réaffirmé. Pour commencer, les familles séparées doivent pouvoir se retrouver et se déplacer de part et d’autre des lignes de séparation. »



