Nous reproduisons ici la confession d’un militant anonyme, qui dit espérer faire des émules chez les plus de 70 ans.
« J’ai adhéré à l’UMP fin 2005, à l’âge de 73 ans; c’était ma première carte de parti.
Pourquoi si tard et pourquoi l’UMP ?J’ai toujours été passionné par la politique. J’ai toujours usé de mon droit de vote et j’ai eu des sympathies partisanes, changeantes au fil du temps il est vrai. Mais d’engagement militant, jamais !
Ce qui me retenait était surtout le sectarisme que je voyais de tous bords ainsi que l’inutilité que j’attribuais alors aux partis. Admirateur du Général de Gaulle, j’étais sans doute influencé par son aversion bien connue envers les partis politiques.
Mais en 2005, les choses avaient changé. La communication des partis, améliorée par des médias modernisés, la cohabitation acceptée lors des alternances et les premiers essais d’ouverture me renvoyaient une image moins négative des formations politiques. Il me semblait que la « majorité silencieuse » était de moins en moins écoutée et entendue et je voulais réagir. Mon opinion n’ayant pas forcément moins de valeur qu’une autre; pourquoi ne pas l’exprimer ?
C’est ainsi que m’est venue l’idée d’adhérer à un parti politique : pouvoir être entendu, pouvoir débattre et, ce faisant, faire avancer en groupe certaines idées jusqu’à les rendre politiquement admissibles, telles étaient mes motivations.
Vers la fin 2005, l’élection présidentielle de 2007 occupait déjà tous les esprits : Nicolas Sarkozy y pensait tous les matins en se rasant, Dominique de Villepin montrait son impatience, Jacques Chirac jouait le Sphinx, les socialistes cherchaient un leader, comme toujours, et le Centre, une stratégie.
C’était le moment de m’engager ! Mais dans quel parti ?
Depuis la scission de Tours, en 1920, les socialistes français continuent de rêver d’une société sans inégalités, sans différences, ces choses naturelles qu’eux baptisent, « injustices », comme si l’Homme, aussi bon par nature que le voyait Rousseau, pouvait se passer des rêves d’ascension qui le motivent. L’utopie porte l’espoir, mais ce n’est pas un moyen de gouvernement. Sans oublier le cœur et la fraternité, le réalisme est obligatoire, sinon la réalité nous revient en boomerang, comme le confirme aujourd’hui la crise financière. Or, les socialistes français manquent de réalisme et de courage politique. Et puis, en 2005, la gauche caviar avait donné trop de mauvais exemples pour être crédible.
Restaient la droite et le Centre. J’avais soutenu VGE en 1974 car je pressentais que l’abandon d’une certaine part de souveraineté était un sacrifice nécessaire (la suite m’a donné raison). Mais son successeur à la tête de l’UdF, prêt à tout pour accéder au poste suprême, ne m’inspirait pas confiance.
Les outrances du FN me révulsaient. Ne me restait donc que la droite républicaine.
Or, celle-ci menaçait encore de se diviser et d’offrir le pouvoir sur un plateau à la gauche.
Celui qui me fit franchir mon Rubicon est notre actuel Président de la République, lorsqu’il a affiché, le premier, sa louable ambition, avec un discours de rupture et un parler-vrai que j’ai tout de suite ressentis comme « gaulliens ». J’ai donc pris ma carte UMP pour avoir le droit de voter pour les nouveaux statuts, puis pour un nouveau président du parti. Ensuite, j’ai ardemment soutenu la campagne de notre candidat et je ne le regrette pas, puisqu’il fait, contre vents et marées, ce qu’il a dit qu’il ferait.
Nous sommes, en ce début d’année 2012, à la veille d’une grande confrontation. Contrairement à 2005, je n’ai plus la moindre hésitation: nous sommes au milieu du gué et il faut que le travail de fond accompli par le Président, contrarié par les crises, soit mené à son terme. Je m’apprête donc à lui renouveler ma confiance pour un nouveau mandat, qui rendra palpables, j’en suis persuadé, les résultats des réformes. »
Si ce modeste témoignage pouvait inciter les silencieux, les modestes, les indécis, les incrédules, les désabusés, les résignés à s’engager en politique pour le bien commun j’en serais très heureux.
CG



